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14 novembre 2018

Juliette Jarry : « se sentir actrice de sa vie et de ses décisions est une réalisation très puissante »

Marraine de la 8ème édition Auvergne-Rhône-Alpes des Trophées « Les Femmes de l’économie », Juliette Jarry a évolué dans le domaine privé, en tant que chef d’entreprise, et dans le domaine public, en tant que conseillère régionale et Vice-présidente de la Région.

Après des études de sciences politiques, Juliette Jarry a créé en 2006 Adéa Présence, une entreprise spécialisée dans l’accompagnement de personnes âgées, d’enfants et adultes handicapés. Au fil des années, la société s’est développée et a recruté plusieurs centaines de salariés.

En septembre 2015, Laurent Wauquiez la sollicite pour prendre la tête de la liste de la Métropole de Lyon pour les élections régionales : « Ce qui m’a décidée, c’est que je ne voyais pas beaucoup de femmes, de jeunes ou de chefs d’entreprise parmi les élus que je connaissais. Or je suis convaincue que pour que la politique intéresse à nouveau – au sens de susciter de l’engagement et pas seulement des commentaires – les élus doivent être plus représentatifs de la société. Après le développement d’une entreprise, j’ai donc accepté cette nouvelle forme d’engagement dans la vie de la Cité » nous affirme-t-elle.

 

Qu’est-ce qui motive votre engagement aux côtés des Femmes de l’économie ?

La mise en lumière de réussites de femmes est un formidable levier pour montrer que c’est possible. Je crois beaucoup dans la valeur de l’exemple.

Il faut que les femmes puissent se reconnaître dans les parcours récompensés et sentent que c’est un chemin possible pour elles aussi. L’entrepreneuriat peut prendre beaucoup de formes différentes mais à chaque fois, c’est un message de responsabilité, de prise en main.

Se sentir acteur et actrice de sa vie, de ses décisions est une réalisation très puissante. C’est le message que je souhaite faire passer autant en tant que chef d’entreprise que Vice-présidente de la Région.

 

En tant que Vice-présidente déléguée au numérique, quel constat dressez-vous de la place des femmes dans ce secteur ?

La Région Auvergne-Rhône-Alpes veut contribuer à faire émerger le vivier de talents féminins dont l’économie a besoin. Le constat du manque de femmes dans les effectifs du secteur du numérique et dans la création d’entreprises dans le secteur de l’innovation est problématique.

On remarque notamment que de jeunes femmes suivent des études scientifiques et techniques mais n’osent pas s’insérer dans le marché du travail dans ces métiers techniques, de fait de représentations erronées. La mise en avant de « rôles modèles » est indispensable pour inciter et donner une image attractive des métiers du numérique aux jeunes filles. C’est un travail culturel à mener.

Dans ce cadre, la Région a deux objectifs prioritaires : mener des actions de sensibilisation pour inciter les jeunes filles à s’orienter dans cette filière, et accompagner les femmes qui souhaitent renforcer leurs compétences numériques ou se reconvertir dans ces métiers.

A titre d’exemple, la Région a appuyé l’organisation d’une exposition itinérante dans les lycées pour sensibiliser les jeunes de la Région aux métiers du numérique. D’autre part, la Région Auvergne-Rhône-Alpes soutient le collectif L Digital, qui aide à fédérer les acteurs de l’écosystème pour accompagner la place des femmes dans le numérique.

Lorsqu’on réfléchit aux incidences existantes et à venir de l’intelligence artificielle, on se rend compte que les biais algorithmiques sont tout sauf anodins. Une plus grande mixité dans les métiers du numérique est donc un enjeu sociétal.

 

Avez-vous quelques conseils à donner aux femmes qui souhaitent se lancer dans l’entrepreneuriat ?

La première chose qui m’a aidée lorsque j’ai créé puis développé mon entreprise, a été d’essayer de considérer les difficultés plutôt comme des opportunités car elles permettent de se dépasser et de développer des compétences qu’on ne soupçonnait pas !

Ensuite, je crois qu’il faut un mélange entre une douce folie et une grande rigueur : bien se préparer mais ne pas tout anticiper… car sinon on n’ose plus rien ! Je dirais aussi qu’une des principales compétences de quelqu’un qui entreprend, c’est de connaître ses limites et de savoir s’entourer de personnes plus compétentes que lui en fonction des sujets.

Et si je devais terminer par un mot, j’insisterais sur la nécessité de se faire confiance, tout particulièrement pour les femmes car je constate au quotidien la difficulté qu’elles ont à valoriser leur parcours, leurs aptitudes, leurs réalisations. Nous avons besoin, quelle que soit la forme d’entrepreneuriat, que des profils variés, créatifs, capables d’une vision prospective fassent entendre leurs voix.