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22 mars 2018

« Je ne suis pas à la hauteur »: comment combattre le syndrome de l’imposteur ?

 

© Madame Figaro

Qu’est-ce que le syndrome de l’imposteur ?

Le « syndrome de l’imposteur », ou « expérience d’imposture » : sous ce nom étrange se regroupent diverses sensations liées au manque de légitimité, telles qu’une culpabilité face à la réussite ou le sentiment de ne pas mériter sa place.

Ce sont les psychologues cliniques Pauline Rose Clance et Suzanne A. Imes qui, en 1978, posent des mots sur ce phénomène fréquent, et ce tout particulièrement chez les femmes. Elles définissent alors le syndrome de l’imposteur comme une forme de doute en ses propres capacités qui pousserait à se refuser le mérite que l’on devrait tirer de chacune de ses réalisations. On aurait alors tendance à attribuer ses succès à des facteurs extérieurs tels que la chance ou l’aide d’autrui.

 

Quelles en sont les conséquences ?

Fortement liée à la peur de l’échec et à un manque de confiance en soi, l’expérience d’imposture empêche de développer pleinement son potentiel. Il entraîne les personnes touchées à pratiquer deux mécanismes de défenses différents : l’overdoing et l’underdoing. Le premier consiste à investir une énergie démesurée dans son projet afin d’attribuer sa réussite à une grande dose de travail plutôt qu’à ses propres capacités. L’underdoing, au contraire, est un auto-sabotage se définissant comme le fait de se mettre volontairement en échec en ne travaillant pas suffisamment, afin de se prouver à soi-même que l’on n’est pas à la hauteur.

 

© Alamy

Pourquoi les femmes sont-elles les premières touchées ?

Bien que les chercheurs soient partagés sur le sujet, plusieurs études montrent que les personnes concernées par ce phénomène sont majoritairement des femmes. Cela est tout d’abord dû à la pression plus importante à laquelle les femmes font face dans le cadre professionnel : alors que la proportion de femmes aux postes de direction d’entreprises s’élevait seulement à 14% en 2015, difficile de se sentir capable de gravir des échelons avec si peu de modèles. Cela entraîne une plus forte impression de devoir faire ses preuves afin de mériter sa place, et ainsi, l’idée que l’on n’est peut-être pas capable de réussir.

 

Comment s’en débarrasser ?

Le plus gros du travail se fait bien évidemment sur la confiance en soi. Mais quelques conseils peuvent se révéler très utiles pour faire taire la petite voix intérieure qui répète que l’on n’est pas à la hauteur ! La première solution consiste à reconnaître ses réussites passées : pour cela, il est important de lister les choses que l’on est fière d’avoir accomplies, et d’identifier les compétences qui ont permis cet accomplissement. La seconde étape, c’est d’accepter les compliments. Ne plus refuser les louanges concernant son travail ni se justifier de ses réussites est un grand pas dans la lutte contre le syndrome de l’imposteur. Il est parfois compliqué d’accepter de s’entendre dire que l’on est légitime, et encore plus compliqué de l’accepter soi-même. Pourtant, on arrive rarement à sa place par hasard !

 

            Alors, prête à abandonner pour de bon votre syndrome de l’imposteur ?

 

Sources
Pauline Rose Clance, Le Complexe d’imposture. Ou Comment surmonter la peur qui mine votre sécurité, Flammarion, 1986
Les Echos, Seuls 14 % des postes de direction sont occupés par des femmes, 18 juin 2015
L’express, Syndrome de l’imposteur : comment apprendre à se sentir légitime au travail ?, 27 juin 2017