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27 août 2018

Marie-Laure Hubert Nasser : « Il y a si peu de femmes dans les livres d’histoire qu’il nous appartient de créer nos icônes, de les faire rayonner »

© Nathalie Kaïd

Portrait

Marie-Laure Hubert Nasser a toujours favorisé le sens, en cela l’implication dans la vie publique s’impose comme une évidence. Directrice communication de la Ville de Bordeaux, notre Marraine aime faire bouger les lignes, accompagner des politiques publiques qui transforment la société.

« On le voit bien, à Bordeaux, un travail est mené, pas à pas, pour contribuer à maintenir une ville harmonieuse et apaisée. »

Pour Marie-Laure Hubert Nasser, travailler dans ce sens, c’est s’engager avec la volonté d’une réelle égalité de tous.

Investie auprès des femmes et en faveur de la parité, elle a toujours apporté son énergie dans les événements « au féminin », en souhaitant y contribuer au mieux.

« C’est souvent un travail collectif, cela nous permet d’avancer ensemble, de créer des réseaux, de se renforcer, de prendre exemple sur des femmes d’exception. C’est un moyen d’accélérer nos liens et d’optimiser nos projets. Nous allons vite entre nous. Nous savons nous tendre la main. »

Passionnée de littérature, Marie-Laure Hubert Nasser a toujours écrit. Auteure de plusieurs romans et recueil de nouvelles dont La carapace de la tortue (Editions Folio Gallimard) Spleen machine et Semblant sortir du noir (Editions Passiflore), ses héros sont souvent des femmes, des héroïnes du quotidien.

 

En 2018, vous ouvrez à nouveau les portes de la Mairie de Bordeaux aux Trophées et cette fois-ci, en tant que Marraine de cette nouvelle édition. Qu’est-ce qui motive votre engagement aux côtés des Femmes de l’économie ?

Ouvrir les portes de l’Hôtel de ville, c’est un engagement fort du Maire de mettre la municipalité à disposition de cette belle énergie. Montrer l’exemple. Ouvrir la salle du conseil à ce « parlement » des femmes. C’est un grand et rare honneur.  Je suis très heureuse d’être la marraine de cet événement, même s’il est plus évident pour moi de travailler en coulisse…mais n’est-ce pas le rôle d’une marraine, un lien de protection, une main tendue pour aider les femmes à monter les marches, un encouragement à la sororité. Soutenir les femmes de l’économie, c’est saluer leur engagement, leur volonté de fer, leur capacité à savoir porter plusieurs projets, personnels et professionnels. C’est permettre à d’autres d’oser à leur tour entreprendre, innover, se lancer, réussir…

 

Croyez-vous en l’importance des rôles-modèles ?

Ils sont indispensables. Nous avons tous en mémoire femmes et hommes dont le courage, le talent et la réussite nous ont portés. Même si plus tard nous trouvons le courage de créer notre propre sillon. S’inspirer, observer, admirer, c’est apprendre et comprendre. Garder en mémoire l’histoire, c’est se consolider aussi. Il y a d’ailleurs si peu de femmes dans les livres d’histoire qu’il nous appartient de créer nos icônes, de les faire rayonner. Quelle injustice quand même que toutes ces femmes soient restées dans l’ombre alors même qu’elles faisaient avancer notre civilisation…

 

Quelles sont les personnalités qui vous inspirent au quotidien, notamment pour l’écriture de vos romans ?

J’ai été portée par plusieurs femmes écrivaines. Mais à bien y réfléchir, celle avec qui j’aurai aimé travailler, c’est Françoise Giroud. Une intrépide par son audace, sa créativité révolutionnaire, ses révoltes, ses faiblesses, sa puissance de travail, son charme… Et puis elle écrivait et cela reste fondamental pour moi.

D’autres comme Simone Veil ou Françoise Héritier ont été des guides. J’ai eu la chance de les croiser toutes. Quelles grandes dames!

Dans la modernité, le temps présent, j’aime écouter ces icônes lointaines qu’il nous arrive d’admirer, au rang desquelles Malala Yousafzai, dont je souligne auprès de mes propres filles le courage extraordinaire. Cette force qui les habite et leur permet d’engager sur le terrain des valeurs et des croyances au prix de leur vie. Quel exemple. (cf. la tribune parue dans Rue89)

Plus près de nous, je trouve que nos Françaises, créatrices de startup qui décollent, sont formidables. J’en ai rencontré plusieurs sous l’aile de Delphine Remy-Boutang et sa Journée de la Femme Digitale.

Elle sait mobiliser les énergies autour de ces nouveaux métiers qui constitueront les savoirs et emplois de demain. A Bordeaux, il y a de belles réussites avec des femmes humaines et engagées pour les autres, comme Léa Thomassin et Julia Mouzon qui sont les mentors de demain.

La création d’un personnage de roman, c’est une alchimie particulière qui se compose de milliers de personnes réelles ou rêvées, un mélange insolite qui prend forme dans un monde parallèle, celui de l’imaginaire…Et puis finalement, rien ne dit que votre regard ou façon de croiser les jambes ne se retrouvera pas un jour dans un roman.

Mais il est vrai que parfois l’actualité nous percute, et alors toute la sensibilité de l’écrivain se déploie. Dans mon récent recueil de nouvelles Semblant sortir du noir, je parle de Nawel, une jeune fille qui va fuir un pays en guerre pour se réfugier en France. Le sujet est inscrit dans notre présent et nous sommes en état de sidération. J’ai voulu faire entendre la voix d’une adolescente sur les chemins de la survie, parler de ce pays qu’elle quitte, des siens, de ses rêves d’enfant, de la cruauté du chemin, de l’espoir…

 

Pour finir, quels sont selon vous les 3 hashtags symbolisant les Femmes de l’économie ?

#j’aiosé   #riennemarrête  #jaimemavie