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2 mars 2017

Isabelle Rodney : une femme de l’économie engagée pour la mixité

Isabelle_Rodney_credit photo_LAWRENCE BANAHAN

Après Geneviève Maillet en 2016, au tour d’Isabelle Rodney de porter les valeurs des Trophées Les Femmes de l’économie pour cette 8ème édition Provence-Alpes-Côte d’Azur & Monaco. Rencontre avec une Marraine engagée pour la mixité.

  • Quel est votre parcours professionnel ?

Après un diplôme de l’Ecole Supérieure de Commerce de Paris, une Licence en Droit des Affaires et un diplôme d’actuariat, j’ai commencé ma carrière par une expérience commerciale dans la finance en tant que courtier sur les marchés interbancaires.

Je me suis ensuite tournée vers la finance au service du développement. J’ai intégré le Groupe Casden Banque Populaire, où j’ai exercé pendant quelques années tous les métiers de la finance opérationnelle, en élargissant progressivement mon périmètre : trader, responsable de la trésorerie, de la gestion des risques financiers, puis de la planification stratégique et du contrôle de gestion.

En 2001, j’ai eu l’opportunité de rejoindre la Caisse Nationale des Caisses d’Epargne, en tant que Directrice du département planification et ALM, puis comme Directrice du département performance financière.

6 ans plus tard, l’envie de retrouver le terrain et l’opérationnel au sein d’une banque régionale et la volonté d’accéder à des fonctions dirigeantes m’ont poussée à quitter la capitale parisienne pour rejoindre la Caisse d’Epargne Côte d’Azur, en tant que de Membre du Directoire en charge du Pôle Finances.

En parallèle à mes activités, j’ai à cœur de développer la mixité. En 2012, j’ai fondé, les ELLES d’Azur au sein de la Caisse d’Epargne Côte d’Azur : il s’agit d’un réseau dont l’objectif est d’aider les femmes et de les accompagner vers des postes à responsabilités au sein de la Caisse d’Epargne ; mais il s’agit aussi, plus globalement, de   faire avancer les enjeux de la mixité sur la Côte d’Azur, notamment au niveau de l’Entrepreneuriat au Féminin qui me tient tout particulièrement à cœur.

Je suis aussi membre du bureau des ELLES de BPCE. Je me suis aperçue que, plus j’avançais dans la hiérarchie et moins il y avait de femmes dans mon entourage professionnel. Aujourd’hui, je suis la seule femme au sein du Directoire. Au national, parmi les 17 Caisses d’Epargne Régionales, je suis la seule femme mandataire social en charge des Finances. Voilà pourquoi je m’engage pour faire avancer les choses !

 

  • Quelles sont les challenges que vous avez dû relever pour accéder à votre poste actuel ?

Les challenges sont nombreux tout au long d’une carrière. Pour accéder à mon poste actuel, il a fallu que j’aille le chercher ! Je me suis aperçue que, bien que j’aie été identifiée comme potentiellement éligible à ce poste, on ne pensait pas forcément à moi.

De plus, j’avais toujours vécu à Paris, il a donc fallu relever le challenge de la mobilité géographique en quelques semaines seulement.

Enfin, je suis arrivée au sein de la Caisse d’Epargne Côte d’Azur durant l’été 2008, c’est-à-dire en plein cyclone financier. C’était une période très mouvementée qui précédait la chute de Lehman Brothers. Il a donc fallu prendre ses marques très rapidement dans un contexte particulièrement sportif !

 

  • Comment expliquer cette différence de progression de carrière entre les hommes et les femmes ?

Je pense que l’accession des femmes à des postes de responsabilités est un sujet complexe.

Le poids des stéréotypes pèse sur les mentalités. L’histoire du rôle des femmes dans l’économie joue également beaucoup.

Pour l’anecdote, j’ai découvert assez récemment que si j’étais née 10 ans plus tôt, je n’aurais pu faire les études que j’ai suivies, car l’ESCP n’était pas encore ouverte aux femmes !

Il n’y a pas encore suffisamment de modèles de réussite féminins au top management des entreprises. Les managers en place ont naturellement tendance, à tort, à s’entourer de collaborateurs qui leur ressemblent. Mais je pense que cela évolue beaucoup, les dirigeants sont de plus en plus conscients de l’intérêt de la diversité au sein de leurs équipes.

Enfin, le comportement des femmes rentre en ligne de compte. Pour différentes raisons, elles ont moins tendance à aller chercher les postes, à se mettre en avant. Cela est dû à la pression sociale, ou encore au fait que les femmes s’interrogent beaucoup avant de se jeter à l’eau, notamment  sur leur capacité à tout concilier, et même sur leur envie de faire carrière.

 

  • Vous avez été lauréate Femme Dirigeante lors de l’édition 2013 des Trophées Provence-Alpes-Côte d’Azur, quels souvenirs gardez-vous de cette consécration ?

Je garde un très beau souvenir de ce moment. Les Trophées des Femmes de l’économie sont de belles manifestations. A chaque fois, c’est l’occasion de faire de formidables rencontres. C’est un évènement qui a une belle visibilité et qui met en lumière des candidates exceptionnelles et des intervenants intéressants qui s’expriment sur les thèmes de la mixité.

En tant que lauréate, je garde le souvenir du stress avant la cérémonie et la joie qui s’en est suivie !

 

  • Cette année, les Femmes de l’économie vous ont choisie comme Marraine de cette 8ème édition PACA & Monaco, quel message souhaiteriez-vous adresser à toutes les femmes qui vont se porter candidate aux Trophées ?

Je voudrais les féliciter de s’être lancées dans l’aventure ! Souvent, les femmes sont dans l’action, mais ne pensent pas assez à se mettre en valeur. Or, il faut parfois se faire violence.

Je veux également leur dire de profiter, c’est l’occasion d’intégrer le réseau des Femmes de l’économie et de développer son carnet d’adresses.

Enfin, j’ai envie de leur dire de communiquer, avant et après. Il faut capitaliser sur cet évènement pour se faire connaître et en profiter pour développer la visibilité de son entreprise.

Pour celles qui ne seront pas sélectionnées, ne vous découragez pas et retentez l’aventure l’année prochaine !