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Audrey Chaillet

En cette période de confinement, nous sommes allées prendre des nouvelles de nos anciennes lauréates. Cette semaine, direction Dijon chez Audrey Chaillet, Directrice générale de vitaVINUM, agence digitale dédiée à la filière vitivinicole. (Lauréate femme chef d’entreprise prometteuse BFC 2019).

Comment avez-vous géré l’arrivée du confinement ?

D’un point de vue organisationnel, nous sommes équipés pour la mise en place du travail à distance. Nous avions fait le choix du 100% cloud, donc la mise en place du télétravail a été très rapide à mettre en oeuvre. C’était un choix stratégique qui s’est valu opportun vu le contexte.

D’un point de vue commercial, la crise du Covid-19 a frappé très durement la filière vitivinicole et ce, déjà bien avant sa propagation en France. En effet, le secteur viticole français exporte fortement et notamment en Chine. En outre, ce secteur est déjà mal en point du fait de la taxe Trump et des incertitudes liées au Brexit. Dernièrement, on peut rajouter la grêle qui a fait des ravages dans le Bordelais et les Corbières.

Consécutivement, cela restreint le pouvoir d’achat de nos clients (vignerons, caves coopératives, négoces). Pour autant, le confinement a suscité chez certains, la volonté de passer plus vite au digital et à la vente en ligne, via la création de site e-commerce. Malheureusement, les budgets sont très restreints et nos clients privilégient le DIY pour limiter les dépenses, ce que nous comprenons également.

Nous avons donc dû restreindre notre activité depuis avril en recourant au chômage partiel. Les sociétés de services comme les nôtres s’attendent à être touchés plus longuement : en effet, la reprise après confinement va pousser les entreprises à privilégier les dépenses essentielles et à repousser les investissements dans le digital, par sauvegarde pour leurs entreprises.

Nous sommes donc en train de réfléchir à de nouveaux services, pour les accompagner dans la reprise et qui ne nécessite pas d’investissements de la part de nos clients. C’est un gros chantier mais qui est essentiel pour la survie de notre entreprise.

D’un point de vue plus personnel, comment vivez-vous cette période ?

C’est une période plutôt schizophrène : en effet d’un côté, cette période de confinement nous donne l’opportunité, en tant que cheffe d’entreprise, de ralentir le rythme et d’avoir ainsi le temps (et la nécessité) de prendre de la hauteur sur notre stratégie. Nous levons enfin la tête de l’eau et nous avons davantage de temps pour pouvoir travailler sur le positionnement, la stratégie.

De l’autre, toutes les règles ont changé : d’un point de ressources humaines, organisation, financier, il faut suivre l’actualité au plus près, décrypter, comprendre. Je n’ai jamais été autant sur le site légifrance que depuis cette période ! Cela me rappelle mes cours de droit ! Nos instances représentatives nous accompagnent mais c’est énormément de nouvelles mesures à assimiler rapidement et à mettre en oeuvre.

Nous sommes tout de même relativement épargnés car nous ne recevons pas de public et nous sommes en télétravail. Je suis admirative des chefs d’entreprise dans les secteurs de l’industrie, par exemple, qui doivent regorger d’innovation pour remettre en route les chaînes de production. C’est dans cette crise que l’on se rend compte de l’énergie, de la créativité et de l’innovation dont sont capables nos entreprises

Le déconfinement approchant, avez-vous des conseils à partager pour aborder sereinement cette future étape ?

De notre côté, nous maintiendrons le télétravail. En effet, le déconfinement est nécessaire pour certaines activités mais pas essentielles pour d’autres.

Premier conseil : ne pas prendre de nouveaux risques pour ne pas créer une deuxième vague de contamination.

Autre conseil : il ne faut pas tomber dans la paralysie économique. Il est important de se réinventer pour poursuivre des relations économiques : le tissu économique est interdépendant, il faut que les entreprises continuent à investir. Certes, les projets doivent être repensés, adaptés, mais il ne faut pas tomber dans une morosité économique. Et le facteur essentiel est la psychologie. Si nous ne voulons pas d’une crise économique, nous devons adopter la posture pour l’éviter.

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9 thoughts on “Audrey Chaillet, Directrice générale de vitaVINUM

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