En cette période de confinement, nous sommes allées prendre des nouvelles de nos anciennes lauréates. Cette semaine, direction la Touraine chez Sylvia Vénus (Lauréate Femme à l’international Centre-Val de Loire 2018), Directrice de Création et Développement chez Corolle, leader de part de catégorie sur le marché français du poupon à pouponner.

Comment avez-vous géré l’arrivée du confinement chez Corolle ?

Le service Design et Développements de Corolle a été l’un des premiers services de l’entreprise à percevoir que l’arrivée du COVID- 19 n’était pas un évènement sanitaire anodin. Rapidement paralysés par les mesures de confinement en Chine, nous avons constaté une cessation quasi complète de l’activité en usine dès la mi- janvier. Devant cette absence d’interaction, tout a été stoppé de leur côté, ce qui ne nous a pas empêchés d’avancer du nôtre sur la collection 2021. S’en est ensuite suivie la période de Chinese New Year. Puis, le déconfinement fut acté en Chine début mars. Tout était prêt pour redémarrer l’activité avec un seul objectif, rattraper le retard…mais en France, une période tout aussi grave se profilait et les annonces officielles de confinement ont été prises sur notre territoire national. La situation fut donc cette fois-ci inversée et il fallait réagir vite.

Nous avions déjà au bureau des masques, des gants et du gel hydroalcoolique pour protéger les salariés en contact avec des produits en provenance de Chine. La Direction des Ressources Humaines a mis en place très rapidement le télétravail à distance pour tous les salariés dont l’activité le permettait. Une volonté unique d’entreprise s’est alors dessinée : trouver les meilleures solutions pour tous les salariés face à une situation inattendue, inédite et ce, malgré toute la complexité que représente la diversité des métiers qui composent l’entreprise.

Le Comité de Direction dont je fais partie a maintenu ses échanges en télétravail grâce à tous les moyens de communication existants, ce qui nous a permis de maintenir même à distance les réunions avec nos équipes mais également toutes les réunions stratégiques de pilotage de l’activité avec son calendrier de priorités par service ainsi que les prises de décisions transversales.

D’un point de vue plus personnel, comment vivez-vous cette période?

Je suis en télétravail à 100% et mon conjoint fait partie de la réserve sanitaire d’urgence du personnel soignant de l’hôpital régional. Il est normalement affilié à un service de Kinésithérapie mais il a été réquisitionné dans un autre hôpital dans un service Ehpad avec de nouveaux horaires, weekend inclus.

Cette crise sanitaire, sociale, scolaire, économique, nous la vivons au jour le jour et nous nous adaptons. Nous avons 3 enfants et chacun a dû faire preuve d’organisation, d’autonomie et quand même de discipline pour maintenir un rythme et un emploi du temps dans ce contexte si bouleversé.

Pour être honnête, ils attendent toutefois la reprise de l’école, des cours, la reprise d’une vie sociale avec leurs camarades. Le confinement sur la durée devient plus difficile chaque jour car on leur demande de garder leur motivation, d’être studieux, de ne pas trop s’exposer aux écrans… il s’agit d’un fragile équilibre à trouver pour étudier, restés connectés avec l’extérieur, se détendre et trouver d’autres sources d’activités et de décompression nouvelles. Nos enfants sont tous sportifs et ont en temps normal plusieurs entraînements par semaine, alors même si le sport en live sur les réseaux sociaux ou en replay vit ses heures de gloire « online », cela ne remplace pas un 100 mètres haies ou un match de Handball !

Par ailleurs, mes aînés se rendent compte que la reprise ne se fera pas « comme avant », le retour à la réalité ne sera pas fait d’embrassades, de sorties comme avant avec les copains. Le port du masque et la distance sanitaire sont autant de signes qui montrent le Covid-19 sera encore présent après le déconfinement.

Le déconfinement approchant, quelles sont vos réflexions par rapport à cette prochaine étape ?

Ce qui est sûr, c’est qu’il y aura un avant et un après Covid-19.

Les conséquences économiques sont réelles comme dans de nombreux autres secteurs d’activités. La fermeture des magasins physiques a et aura un impact certain sur le secteur du jouet au global. Néanmoins, les indicateurs de revente très positifs de nos nouveautés Corolle 2020 nous encouragent beaucoup.

Le marché du jouet est un marché très saisonnier, il faut que l’activité redémarre rapidement et dans les meilleures conditions qui soient. Et bien sûr il faut croire en la saison de Noël à venir. Les fournisseurs, la distribution et les magasins devront tenir bon jusque-là.

Mais à chaque jour sa petite victoire pour aller de l’avant.

Nous vivons une crise sans précédent qui s’associe inéluctablement à une prise de conscience générale, mondiale, à une réflexion collective et intergénérationnelle à mener. Elle va obliger le monde à s’interroger, se remettre en question, en perspective, à avoir envie de mieux faire, de trouver des alternatives pour ne pas reproduire certaines situations ou simplement d’avoir envie d’en changer d’autres.

Il s’agira d’un long cheminement pour bon nombre de sujets mais je suis convaincue que sur d’autres, nous avons les moyens par nos actes quotidiens de faire bouger les lignes ensemble.

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