Alors que les incertitudes liées à la crise sanitaire, économique et sociale grandissent au fil des semaines, « il s’impose à nous la vigilance pour que les femmes ne redeviennent pas la variable d’ajustement de la vie économique et que l’égalité Femme-Homme demeure un droit et un levier pour changer de paradigme. »

C’est avec ces mots que Nora Barsali, Présidente de News RSE, introduit la 4ème édition du guide Egalité, Mixité, Diversités : des entreprises à l’image de la société.

Disponible gratuitement en ligne, cet outil pratique donne la parole à des décideur-e-s qui osent, à des présidentes de réseaux et des dirigeant-e-s d’entreprises qui innovent et démontrent, par leurs actions concrètes que l’égalité est un formidable levier pour le bénéfice de tous.

Une nécessité incontestable et des pistes à suivre

Comme le précise la Ministre du travail Muriel Pénicaud en préface, l’index égalité professionnelle, entré en vigueur au 1er mars 2019 agit comme un révélateur : « dans une grande entreprise sur deux, il a révélé que dans les 10 plus hautes rémunérations, une seule était perçue par une femme. Le plafond de verre est toujours une réalité ! » Des améliorations concrètes sont également importantes à relever depuis l’instauration de l’index : « en 2019, 1 entreprise sur 3 n’augmentait pas toutes les femmes après un congé maternité. En 2020, c’est seulement 1 entreprise sur 10. » explique la Ministre.

Parmi les nombreuses interviews de spécialistes, expertes, présidentes de réseaux et entrepreneures qui enrichissent le guide, Chiara Corazza, Directrice Générale du Women’s Forum, prend la parole pour nous alerter sur l’égalité professionnelle d’un point de vue international : « Malgré des réels progrès, la situation reste alarmante. Seulement la moitié des femmes sont actives sur le marché du travail, contre 80 % des hommes. Pourtant, si l’égalité était atteinte à l’horizon 2025, 240 millions d’emplois seraient créés, soit une augmentation de 28 trilliards de dollars du PIB mondial. Il faut donc agir, et vite, car sinon il faudra attendre un siècle pour obtenir la parité femmes-hommes.» révèle-t-elle.

Mais qu’en est-il des leviers et solutions pour atteindre une bonne fois pour toute le paradigme de l’égalité professionnelle ?

Pour répondre à cette question, Nora Barsali propose un découpage en 7 défis à relever (Comment déconstruire les stéréotypes et combattre le sexisme ? Comment renforcer la mixité des métiers ? Comment former les femmes à la négociation salariale ? Comment faciliter l’accès des femmes aux responsabilités et favoriser leur place dans les instances dirigeantes ? Enfin, comment mieux articuler les temps de vie ?), afin d’apporter des pistes pour chacun d’entre eux.

Entrepreneuriat féminin : de l’engouement aux obstacles

Depuis une vingtaine d’années, l’entrepreneuriat bénéficie d’un réel engouement auprès des femmes (40 % des créateurs d’entreprises sont aujourd’hui des femmes, soit 10% de plus en 20 ans).

Pourtant, ce dernier n’est pas encore au niveau de leurs aspirations. Malgré leurs diplômes, leur ambition et leurs projets souvent plus rentables que ceux des hommes, les femmes entrepreneures se retrouvent confrontées à certains obstacles, dont le plus important serait le financement.

Comme le souligne Céline Lazorthes, fondatrice de Leetchi et co-fondatrice du collectif Sista : « Une femme a 4 fois moins de chances d’obtenir un prêt bancaire ». En effet, de récentes études ont démontré que l’accès au financement et aux prêts était profondément inégalitaire. L’explication principale : la frilosité d’investisseurs à 92 % masculins.

 « Les dirigeantes ne capteraient que 2,2 % des financements des fonds d’investissement mondiaux. Cause et conséquence : d’après l’ONU, les femmes détiennent dans le monde moitié moins de richesses que les hommes. […] Pour que les femmes occupent la place qui leur est due dans le monde économique, l’amélioration des financements est indispensable. Elle ne se fera pas sans un travail sur les rôles modèles, le réseautage, la charge mentale et les croyances limitantes. » conclut Nora Barsali.

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