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27 octobre 2015

La transition énergétique

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Séverine Perron et Julien Noronha

Dans un peu moins de 4 semaines, la France accueille et préside la COP 21. Une échéance cruciale qui devrait permettre d’aboutir à un accord international sur le climat. Depuis quelques mois, les questions environnementales sont au cœur de l’actualité et c’est tout naturellement que la conférence Widoobiz, animée par Julien Noronha, a eu pour thème la transition énergétique.

Ce vendredi 23 octobre, à l’Impérial Palace d’Annecy, au bord du lac, considéré comme le plus pur d’Europe justement, deux femmes sont venus nous parler de la transition énergétique, de ses tenants et aboutissants et de l’impact qu’elle peut avoir sur la nouvelle génération décisionnelle d’aujourd’hui, la génération Y.

Sylvie Richard, Directrice de la Centrale de production d’électricité du Tricastin et Séverine Perron, auteur du Manifeste d’une femme de la génération Y en 21 #, se sont retrouvées pour débattre de cette question.

La génération Y, que Séverine définit comme la génération née entre les années 80 et 2000, représente près de 30% de la population active à l’échelle mondiale et 91 millions de personnes. Une génération qui aspire au vivre mieux et à un monde de demain plus éthique. Une génération concernée par la transition énergétique, car ayant vécu toute sa vie avec un discours alarmiste sur le climat.

Sylvie Richard, l’une des deux rares femmes au monde à la tête d’une Centrale nucléaire, explique que l’investissement français concernant le nucléaire est une exception et que d’ici 2025, 50% de l’électricité en France sera d’origine nucléaire contre 73% aujourd’hui. Pour autant, de gros efforts ont été faits en ce qui concerne l’énergie verte comme l’énergie solaire, hydraulique ou éolienne. D’ici à 10 ans, la production annuelle de mégawatts passera de 400 à 4000 pour tout ce qui concerne les installations hydrauliques. Comme elle le dit : «  je suis consciente qu’il y a des énergies plus vertes que le nucléaire mais à l’heure actuelle le gros problème de ces énergies renouvelables reste le stockage. Lorsque l’on résoudra cette question, alors on aura trouvé le moyen d’utiliser pleinement toutes les ressources de la nature, il faut regarder autour de soi pour trouver des solutions. En attendant, énergies vertes et nucléaires sont complémentaires.»

Séverine Perron ajoute que la recherche de ces nouveaux moyens de stockage pourrait même devenir un levier de business. «  Les anciens modèles d’entreprises ne plaisent plus. Leur gestion managériale est dépassée et beaucoup de jeunes souhaitent créer leur entreprise pour ne plus avoir à subir une hiérarchie écrasante. Plus de 37% des start-up créées à Paris sont orientées vers le green. L’exemple de Bla bla car est de ce côté-là fameux. Plutôt que de recréer, on va réutiliser l’acquis.  »

La génération Y serait une génération qui aurait appris à faire avec moins, comme le dit Séverine Perron, «  On partage sa voiture, on partage son lieu de vie, on échange ses vêtements…. La seule propriété actuellement c’est son smartphone ! On est clairement à l’heure de l’économie collaborative. » Un changement de cap que les grands groupes doivent aborder s’ils souhaitent encore séduire les représentants de la génération Y, qui sont 70% à ne plus se reconnaitre dans ceux-ci.

S’il y a eu de nombreuses améliorations, de gros progrès restent encore à faire. L’utilisation des énergies fossiles a augmenté et d’ici à 10 ans, il y aura une augmentation de 25% de la consommation d’énergie. Séverine Perron reste malgré tout optimiste : «  La génération Y c’est aussi 91 millions de ce qu’on appelle des consomm’acteurs. Des consommateurs avides de changements éthiques et écologiques qui peuvent pénaliser plus facilement les grands groupes, de par l’essor des réseaux sociaux. Les entreprises vont devoir s’acclimater. On rentre dans un cercle vertueux avec cette logique. »

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Crédits photo Gaëtan Haugeard