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30 septembre 2013

« Les femmes doivent créer » mot d’ordre de la Table Ronde des Trophées Pays de la Loire !

L’un des temps forts de la cérémonie des Trophées des « Femmes de l’économie » organisée à La Baule le 21 septembre 2013 fut incontestablement la Table Ronde menée par Catherine Leger-Jarniou, conférencière à la Sorbonne.

Ayant pour thème « Opportunité ou nécessité : les facteurs de l’entreprenariat», cette table ronde a réuni cinq personnalités :

 

– Marie-Christine Oghly, présidente du Medef Ile-de-France, présidente de Solendi, vice-présidente des FCE Mondiales et marraine nationale des trophées « Les Femmes de l’économie »

– Martine Houlière, marraine des « Femmes de l’économie » Pays de la Loire 2013 et PDG de Sécuritest SA

– Catherine Leger-Jarniou, Maître de Conférences en Sciences de Gestion à l’Université Paris Dauphine, responsable du Master Entrepreneuriat et Projets Innovants

– Séverine Pirault, directrice associée de l’agence Intuiti

– Christophe Bleuse, directeur général de CODIS

La table ronde était magistralement animée par Julia Santi qui a présenté les intervenants, avant d’en introduire le thème.tr-pdl

 

Catherine Léger-Jarniou

Catherine Léger-Jarniou a ensuite pris la parole en s’interrogeant sur les réelles motivations de la création d’une entreprise par une femme : est-ce par nécessité ou opportunité ? Elle affirme qu’en 2002, 32% des créateurs d’entreprise étaient des femmes, cela augmentant à 38% en 2013. Un essor qui profite au secteur industriel. Pour autant, la spécialiste constate qu’il n’y a que 8% de femmes entrepreneurs au sein des entreprises innovantes.

Les femmes sont plus diplômées que les hommes et réussissent mieux que ces derniers, en travaillant moins, selon ses dires.

Évoquant les différentes raisons d’entreprendre pour une femme, comme celles d’un accomplissement personnel ou encore d’une obligation financière, Catherine Léger-Jarniou en vient également à citer les qualités d’une femme au sein d’une entreprise, telles que l’organisation.

Revenant sur les stéréotypes liés à la femme et son statut dans la société, elle évoque la théorie de la socialisation, démontrant qu’une femme souhaitant travailler n’est « pas normale ». Elle doit donc adopter les valeurs de sa société si elle souhaite y être intégrée.

Avant de laisser la parole aux intervenants, elle évoque le cas de différentes femmes qui ont créé leur entreprise, certaines par nécessité, d’autres par opportunité, en démontrant que celles créant leurs structures par opportunité réussissent mieux. Pour conclure, l’experte s’interroge sur l’avenir de la forme d’une entreprise créée par une femme : sera-t-elle un lieu de mixité ?

Les intervenants présents apportent alors leurs témoignages concernant l’entrepreneuriat féminin.

Séverine Pirault

Elle revient sur la clé du succès d’une entreprise qui est pour elle la volonté : « il faut savoir prendre des risques, être dans l’engagement, aimer travailler et avoir le goût du challenge ».

Elle dénonce le fait qu’il y ait un manque de culture de l’entrepreneuriat chez les petites filles.

Christophe Bleuse

Evoquant son parcours, il affirme s’être remis en question après son licenciement, puis avoir racheté une entreprise et adopté le statut d’auto-entrepreneur. Selon lui, « il faut un esprit d’aventure et surtout une idée précise et un plan pour y arriver. Les femmes ont un côté rebelle et peuvent casser des barrières ».

Martine Houlière

Après avoir travaillé entre Paris et Le Mans durant 18 années, Martine Houlière intègre Sécuritest SA, ne connaissant pour autant pas le monde de la mécanique, cela étant pour elle « un point commun avec de nombreux hommes qui feignent de le connaitre ».

Elle affirme que « ce ne sont pas forcément les collaborateurs les plus âgés qui étaient réticents à accueillir une femme PDG de Sécuritest SA ».

Marie-Christine Oghly

Elle déplore la faiblesse de la création d’entreprises en France, tant pour les femmes que pour les hommes, ainsi que le fait de créer par nécessité pour beaucoup de femmes.

« C’est quelque chose d’extrêmement important de faire tout ce que je veux dans mon entreprise ».

Aux termes de leur témoignage, les intervenants concluent par leur point de vue sur la création d’entreprise par les femmes.

Martine Houlière affirme que « nous devons nous bouger, qui ne veut rien faire trouve une excuse, qui veut agir trouve un moyen ».

Séverine Pirault met en parallèle le fort taux de chômage en France, affirmant alors que « les femmes doivent donc créer ».

Marie-Christine Oghly démontre que parmis les cinq plus grands entrepreneurs mondiaux, aucune femme n’est citée, ce qui est déplorable.

Après avoir insisté sur le fait que les femmes manquent de confiance en elles, cela étant un frein à la création d’entreprises, la table ronde se clôture sur la question suivante : les entreprises de demain ne sont pas celles qui se créeront sur des valeurs féminines ?

Martine Houlière emporte le mot de la fin en expliquant que le concept de valeurs féminines ne doit pas prévaloir : « il faut donner sa chance aux compétents, qu’ils soient des hommes ou des femmes ».

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