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27 septembre 2016

Christine Meyer-Forrler : « Je tire mon chapeau à toutes ces femmes courageuses qui entreprennent »

Membre du Directoire de la Caisse d’Epargne Alsace, Christine Meyer-Forrler nous fait l’honneur d’endosser le rôle de marraine des Trophées « Les Femmes de l’économie » pour cette 3ème édition Grand Est. Lumière sur le parcours de cette femme audacieuse.

photo portrait christine meyer forrler
  • En quelques mots, quelles sont les grandes étapes de votre vie professionnelle ?

J’évolue depuis 20 ans dans le secteur de la banque. J’y ai exercé essentiellement des métiers de terrain, allant des fonctions de spécialiste (Chargée d’affaires grandes entreprises et institutionnels) aux fonctions de manager (Directrice de groupe d’agences).

J’ai également eu l’opportunité de diriger une filiale du groupe BRED Banque Populaire en Outre-Mer, une formidable expérience humaine !

Mon goût pour l’entrepreneuriat m’a conduit à développer, il y a une dizaine d’années, ma propre structure de conseil et de formation, à la fois en entreprise et dans le milieu universitaire.

J’ai rejoint la Caisse d’Epargne Alsace en 2011, d’abord aux fonctions de Membre du comité exécutif, en charge du marché des entreprises, et j’ai eu la chance d’intégrer le Directoire de la Caisse en juin 2015. Mes activités consistent, avec l’ensemble de mes équipes, à accompagner le développement économique du territoire : entreprises, institutionnels, monde de la santé et de l’économie sociale, collectivités et sociétés d’économie mixte, logement social, ou encore promotion immobilière, autant d’expertises que nous développons au service des acteurs économiques alsaciens.

Cette nomination me permet d’ouvrir « doublement » la voie aux femmes du groupe, et j’en suis très heureuse :

En tant que 1ère femme à rejoindre le Directoire de la Caisse d’Epargne d’Alsace,

Et au sein du réseau Caisse d’Epargne, 1ère femme en charge des marchés Entreprises et Institutionnels, métier encore peu féminisé.

  • Quels moyens mettez-vous en œuvre au sein de la Caisse d’Epargne pour soutenir les femmes entrepreneures de la région ?

Nous avons eu l’opportunité d’accompagner, tant sur le plan du conseil que du financement, plusieurs opérations de reprises d’entreprises réalisées par des femmes. A travers nos supports de communication, dont le plus connu « les décideurs en région », nous mettons en lumière ces initiatives et portons ces projets très souvent remarquables.

Evidemment, ma sensibilité me donne un regard particulier lorsqu’il s’agit d’une femme qui entreprend mais plus globalement, nous nous sommes rapprochés de l’ensemble des structures qui portent et soutiennent la création d’entreprise et l’entrepreneuriat en Alsace, le Réseau Entreprendre par exemple, ou encore Alsace Active, les pôles de compétitivité ou clusters etc… Nous y croisons, et cela me réjouis, de plus en plus de femmes.

Je pense également que la mixité de nos équipes de Chargés d’Affaires apporte un regard neuf et un mode relationnel nouveau ; 50% des collaborateurs du marché Entreprises sont désormais des femmes. Et je peux vous confirmer qu’elles sont sensibles à l’entrepreneuriat au féminin !

Je les remercie d’ailleurs de s’être fortement mobilisées autour des Trophées des Femmes de l’Economie : elles ont réussi à convaincre bon nombre de clientes et de relations d’affaires qui méritaient vraiment  d’être mises en lumière ! Il y a beaucoup de femmes remarquables sur notre territoire, la Caisse d’Epargne d’Alsace veut parler d’elles, afin que leur exemple en inspire d’autres !

  • Quels conseils donneriez-vous aux femmes désirant accéder aux postes à hautes responsabilités ?

3 conseils me viennent à l’esprit :

Oser : oser se mettre en zone d’inconfort, accepter de nouveaux challenges, sans se « sous-estimer » (un travers typiquement féminin !). Ne vous dites plus « c’est trop tôt, je ne suis pas prête ».  Les femmes ont souvent une sorte de complexe, une crainte de l’échec. Elles ne se lancent qu’une fois 100% prête et je pense que ce n’est pas la bonne méthode, il faut véritablement oser aller sur des terrains inconnus avec beaucoup de volonté, d’engagement et de capacité d’adaptation.

S’entourer : je crois beaucoup à la force des réseaux. Une carrière est riche de rencontres qu’il faut savoir conserver et entretenir. Le réseau professionnel est un atout considérable qui valide et crédibilise votre parcours ! Je sais par exemple que mon accession au poste de Membre de directoire a été soutenue par des personnes qui étaient mes patrons il y a des années de cela. Gardez contact avec ses collègues, managers, clients, prestataires… avec qui vous avez apprécié de travailler et qui diront, quoiqu’il arrive, tout le bien qu’ils pensent de vous.

Il faut que les femmes apprennent à « réseauter » davantage. C’est sans doute un des « actifs » les plus précieux au cours d’une carrière professionnelle.

Communiquer : construire une trajectoire professionnelle, c’est aussi faire connaitre ses ambitions. Beaucoup de femmes sont ambitieuses, mais beaucoup le cachent bien ! Les femmes attendent bien souvent qu’on vienne les chercher, capitalisant sur leurs compétences et leur engagement. La vie en entreprise ne se passe pas comme ça, ou rarement ! Les opportunités se provoquent, pour cela il  faut faire connaître très largement son projet professionnel, quitte à demander de l’aide pour s’y préparer.

  • Etes-vous engagée au sein de réseaux féminins ? Lesquels et pourquoi ?

Je fais naturellement partie des Elles de BPCE, réseau qui réunit les femmes dirigeantes du groupe ; nous lançons d’ailleurs la déclinaison locale des Elles de BPCE en novembre prochain : les Alsacielles, réseau mixité de la Caisse d’Epargne d’Alsace. Nous poursuivons ce même objectif qui est de favoriser et promouvoir la mixité et les carrières au féminin, installer des dispositifs de mentoring, accompagner les évolutions professionnelles des femmes dans l’entreprise.

Je suis de très près les Financielles et ai noué des contacts avec les réseaux de l’est de la France, Est’Elles ou FCE.

  • Vous avez accepté d’être la Marraine des Trophées des Femmes de l’économie Grand Est, qu’est-ce qui motive un tel engagement ?

Les Femmes de l’économie rentrent dans une démarche qui m’est chère : porter les valeurs de l’entrepreneuriat et encourager les femmes à s’engager. Ma carrière m’amène inévitablement à y réfléchir.

Ma conviction tourne aujourd’hui autour de la recherche d’équilibre entre hommes et femmes.

Notre société est composée à plus de 50% de femmes ; dans un métier commercial, dans un réseau bancaire, le principe de base est de s’adapter en permanence aux attentes de notre clientèle. Une équipe 100% masculine peut-elle s’adapter à une clientèle composée à moitié de femmes ? En matière d’équilibre hommes-femmes, la situation s’améliore doucement mais elle reste anormale, cela nécessite donc une mobilisation pour la corriger le plus rapidement possible.

Au fil de ma carrière je me suis très souvent trouvée être la seule femme entourée d’hommes, car j’ai occupé des postes qui n’étaient pas spontanément dévolus à des femmes. J’ai essuyé des plâtres et, je l’espère, ouvert des voies. Aujourd’hui, je constate avec plaisir que les choses changent dans les métiers de la banque. Les femmes commencent à émerger dans les premiers postes d’encadrement, les directions d’agence par exemple s’ouvrent largement aux femmes. En revanche, au sein des directoires et des comités exécutifs, les choses n’ont pas beaucoup évolué et l’équilibre est loin d’être là.

Toutes les initiatives qui mettent en lumière les femmes qui entreprennent, qui osent, qui tendent à la réalisation de cet équilibre doivent être encouragées. A ce titre-là, les Trophées des Femmes de l’économie sont particulièrement pertinents car, contrairement à d’autres dispositifs, on ne parle pas seulement des dirigeants d’entreprise. On intègre des cadres sur des fonctions spécifiques, celles qui peuvent émerger dans les entreprises grâce à des métiers porteurs, tout cela fait partie d’une dynamique globale qui permet aux femmes d’avancer et de porter le sujet de l’équilibre dans l’entreprise.

Les Trophées des Femmes de l’économie me semblent être l’une des seules manifestations qui va au-delà de la seule femme dirigeante d’entreprise.

  • Vous êtes une figure d’exemplarité et d’encouragement pour nos candidates, quel message souhaiteriez-vous leur transmettre ?

J’ai surtout un message d’encouragement à leur transmettre, je tire mon chapeau à toutes les femmes qui entreprennent, qui ne se cantonnent pas à un ordre établi et se lancent des défis. Les femmes, qu’elles soient candidates ou lauréates, sont des démonstrations de courage, à ce titre, je leur adresse un message de félicitations. Je suis convaincue que c’est grâce à ces femmes que les entreprises se transformeront au fil du temps, qu’elles amélioreront leurs performances et leur agilité. Les Femmes de l’Economie sont un facteur clé de succès pour le développement de nos territoires !

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