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26 août 2015

Entretien avec Armelle Seite-Salaun, chargée de mission pour l’UBS de Vannes :

 L’UBS à Vannes nous fait l’honneur d’accueillir la prochaine cérémonie des Femmes de l’économie pour la région Grand-Ouest ce mardi 29 septembre 2015. Un choix très symbolique, car c’est bien au niveau de la formation que se joue la future insertion dans le monde du travail. C’est pendant les études que l’envie vient aux jeunes gens de créer par la suite leur entreprise et d’exercer des postes à responsabilités.

Nous avons rencontré pour l’occasion Armelle Seite-Salaun qui a consacré toute sa carrière à l’enseignement, à inculquer le savoir et le goût de la recherche à des élèves et étudiants de tout âge. Faite chevalier de la légion d’honneur en 2013, pour honorer l’ensemble de sa carrière, et son investissement européen, elle continue à travailler pour faire de l’université un monde égalitaire et en relation avec les entreprises de la région.

Pour démarrer cet entretien, pouvez-vous nous décrire votre poste actuel ?

«  Je suis chargée de mission pour l’égalité femmes-hommes au sein de l’UBS à Vannes. Je suis préconisations du ministère qui sont une véritable feuille de route. Il faut savoir que dans l’université, comme dans beaucoup d’entreprises, plus on monte dans la hiérarchie, et plus le personnel se masculinise, que ce soit pour les métiers de l’administratif ou de l’enseignement. Je m’arme de statistiques, des chiffres européens, mais aussi français en ce qui concerne l’égalité femmes-hommes pour convaincre que la parité au sein de nos composantes est loin d’être atteinte. Toutefois, il y a une particularité dont nous sommes très fiers au sein de cette université. Ici, tous les chefs de service sont des femmes. Cette particularité a presque valeur d’exception. »

Par ailleurs, nous espérons ouvrir une cellule contre le harcèlement sexuel, que ce soit pour les étudiants, mais aussi pour le personnel. D’autres projets sont en cours, bien entendu, peu spectaculaires mais structurants pour l’avenir.

Vous avez enseigné à quasi tous les niveaux. De la 6ème à l’enseignement supérieur en passant par la terminale. Quelles sont les différentes compétences sollicitées pour chacun de ces niveaux?

« Cela n’implique pas tellement de différences, transmettre, c’est maîtriser le savoir, les savoirs et les rendre vivant ; ce que l’on peut regretter, c’est que depuis quelques années les enseignants en collège font plus de l’éducation que de l’enseignement. On a affaire à des jeunes se concentrent moins facilement. La véritable différence se retrouve avec l’enseignement supérieur. L’approfondissement, l’esprit critique, la rigueur scientifique s’épanouissent à l’université. Allier la recherche à l’enseignement donne également une toute nouvelle dimension au travail, enrichit l’enseignement.»

Quels sont les enjeux de l’enseignement supérieur pour l’égalité femmes-hommes ?

« C’est un enjeu crucial, qui déterminera à la fois l’avenir des citoyens mais aussi l’avenir du monde du travail et de l’entreprise ! Il est important de continuer à mener nos actions. Pour le moment les chiffres concernant la parité en entreprise ou même l’égalité des salaires entre hommes et femmes ne sont pas bons.  »

Prenez-vous des mesures particulières dans votre université afin de valoriser les études supérieures pour les femmes ?

« En plus de notre action au sein de l’université, des collègues interviennent beaucoup au sein des forums pour sensibiliser les jeunes. Nous intervenons dans les lycées, les collèges ou ils viennent à nous ; nous voulons dynamiser coordonner davantage les actions avec nos partenaires institutionnels, rectorat, Région, etc…pour mener à bien ces missions. Nous allons mettre en place une unité d’enseignement complémentaire axée sur l’égalité femmes-hommes. Ce module est aujourd’hui enseigné dans le cadre du master MEFF (formation des maîtres) et ESPE, l’Ecole Supérieure du Professorat et de l’Education. Nous sommes l’une des premières universités à avoir eu un module centré sur les problématiques du genre et des stéréotypes avec des notions très pratiques pour les ESPE comme la symbolique des jouets auxquels ont accès les enfants dans les écoles etc…

En tant que chargée de mission, j’œuvre pour que ce module devienne une option disponible dans chaque cursus, que l’on soit en licence de mathématiques ou en licence de lettres et qui sait, peut-être, le rendre un jour obligatoire en licence et en master. »

 Comment avez-vous connu les Femmes de l’économie ? Vous retrouvez vous dans cette initiative ?

« Beaucoup de collègues ont des contacts avec le monde de l’entreprise. Il ne faut pas dissocier université et monde de l’entreprise. Ces deux mondes peuvent et doivent se recouper. Ils font notamment partie de l’action PEPITE qui fédère les universités et les entreprises. La thématique de l’entreprenariat au féminin en est une thématique majeure. Nous essayons de mettre en place des actions départementales voire régionales. Des actions qui ont du sens à différentes échelles. »

Vous avez été à l’origine de « la Maison de l’Europe ». Vous en avez été la présidente jusqu’en 2011 et en êtes maintenant la vice-présidente. Pouvez-vous nous parler de cette action ?

« Nous avons été 5 fondateurs à l’origine de cette « maison de l’Europe ». Nous voulions montrer tout ce que l’Europe fait pour nous, souligner son impact dans la vie quotidienne. Il est important de faire vivre l’Europe dans l’actualité. Nous faisons venir des acteurs importants, que ce soit dans l’administration ou dans la politique, comme Michel Rocard qui nous a fait l’honneur de sa présence. Il faut montrer que l’Europe est dans nos vies.

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