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8 juillet 2016

« Aujourd’hui, la majorité des expatriés sont des femmes »

Ingrid_Therwath

Entretien avec Ingrid Therwath, Responsable de Courrier Expat, le nouveau site de Courrier International pour les expatriés et candidats à l’expatriation.

  • Quel est votre parcours professionnel ?

Je travaille depuis presque 15 ans chez Courrier International. J’ai effectué une partie de mes études à Cambridge en Angleterre, puis j’ai passé un doctorat en Sciences politiques à Sciences Po – Paris. J’ai intégré Courrier International en tant que spécialiste de l’Asie du Sud. Après une parenthèse de plusieurs années en Inde, où j’ai fait de la recherche en sciences politiques et relations internationales, je suis revenue en France il y 4 ans.

  • Pouvez-vous nous présenter Courrier Expat ?

Lancé en avril dernier, Courrier Expat offre des informations puisées dans la presse du monde entier sur l’environnement professionnel et personnel des Français de l’étranger. Pour développer ce nouveau titre, nous nous sommes concentrés sur 16 pays, en croisant certaines données : le nombre de français présents dans chaque pays, les flux d’expatriation et la localisation de nos lecteurs. Pour élargir notre panel, 4 pays s’ajouteront à notre offre à la rentrée : le Portugal, la Belgique, l’Afrique du Sud et la Nouvelle-Zélande.

Nous souhaitions à la fois proposer des informations tirées de la presse étrangère et les conseils des plus grands experts sur les sujets clés pour les expats comme les études, le patrimoine, la fiscalité, le retour. Pour cela, nous avons sélectionné une quinzaine de partenaires comme HEC, ERASMUS ou encore La Banque Transatlantique qui nous fournissent des chroniques très utiles afin de répondre à des questions pratiques : « comment payer ses impôts lorsque l’on vit à l’étranger ? », « comment préparer son retour ? » par exemple.

Les articles de presse sont en accès libre, mais seuls les abonnés peuvent accéder à ces contenus pratiques ainsi qu’à des guides pays et des guides thématiques rédigés spécialement pour nos lecteurs.

Enfin, nous avons voulu miser sur la dimension communautaire de l’expatriation et de la préparation à l’expatriation, c’est-à-dire sur le partage d’expérience. Nous avons donc une équipe de blogueurs et une présence étendue sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, LinkedIn, Instagram). Nous avons également développé des forums en ligne, où les internautes peuvent poser des questions.

  • Les françaises expatriées sont-elles plus nombreuses qu’on ne le pense ?  

Un homme cadre supérieur ou chef d’entreprise, riche et blanc : tel est le cliché habituel de l’expatrié. Cliché s’appuyant sur une certaine réalité jusque dans les années 80, mais les temps ont changé.

Aujourd’hui, la majorité des expatriés sont des femmes (50,3%), et la grande majorité des étudiants qui partent en ERASMUS (première expatriation qui donne souvent suite à d’autres) sont… des étudiantes (65%).

La majorité de nos lecteurs sont des lectrices, plutôt jeunes, ce qui correspond à la démographie de l’expatriation. Bien sûr, notre lectorat comprend aussi beaucoup d’hommes, mais notre lecteur type suit assez bien le profil type de la femme expatriée.

  • Existe-t-il un portrait type de la femme expatriée ?

Pour leur grande majorité, les femmes expatriées ont moins de 40 ans.

Elles habitent principalement au sein de l’Union Européenne, c’est une expatriation proche.

Les secteurs dans lesquels elles travaillent sont l’action sociale (71%) et les ONG (66%). Des secteurs traditionnellement féminins : c’est le signe que les choses doivent encore bouger.

  • Selon votre vision internationale, comment la place des femmes au sein de la sphère économique mondiale évolue-t-elle ces dernières années ?

On exporte tout : nos talents, notre culture, mais aussi nos préjugés et nos inégalités.

En l’occurrence, les inégalités femmes-hommes dépassent les frontières françaises et on les retrouve bien sûr à l’étranger.

Un point négatif : en moyenne, les femmes expatriées gagnent moins que leurs homologues masculins. Cela est à la fois lié au secteur d’activité – l’action sociale est par exemple un secteur moins lucratif que la finance – mais aussi aux inégalités à poste égal.

En revanche, les entreprises sont aujourd’hui beaucoup plus sensibilisées à l’expatriation et aux avantages qu’elles peuvent en tirer pour leur propre développement. Elles ont également compris que bon nombre de femmes cadres sont prêtes à tenter l’aventure de l’expatriation.

Depuis 15 ans dans les cursus d’enseignement supérieur, on incite fortement les étudiant(e)s à passer au moins 6 mois à l’étranger. Cela développe une belle appétence pour la mobilité internationale. Fort de cela, la proportion des femmes expatriées n’a cessé d’augmenter ces dernières années.

En 2013, 46% des expatriés étaient des femmes, l’année suivante on a pris plus de 4 points pour arriver à 50,3%. Une parité renforcée en partie grâce au système éducatif.

Un rééquilibrage finalement naturel, car il n’y a aucune raison pour qu’il y ait moins de femmes que d’hommes expatriés !


Pour aller plus loin :

http://www.courrierinternational.com/article/carrieres-les-femmes-aussi-misent-sur-lexpatriation

http://www.courrierinternational.com/article/bresil-travail-une-parite-femmes-hommes-en-trompe-loeil

http://www.courrierinternational.com/article/royaume-uni-egalite-femmes-hommes-au-travail-les-britanniques-eux-aussi-loin-du-compte

http://www.courrierinternational.com/article/inde-une-artiste-francaise-en-campagne-contre-la-pollution

http://www.courrierinternational.com/article/entreprise-des-lunettes-francaises-qui-font-fureur-la

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