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7 juillet 2015

Conférence Widoobiz : la mixité au service de l’entreprenariat

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Permettre davantage de mixité au sein des entreprises : est-ce une chose si difficile ? Telle était la question de la conférence Widoobiz, organisée lors de la cérémonie de remise des Trophées « Les Femmes de l’économie » Centre-Val de Loire, qui s’est déroulée à Chambord le mercredi 1er juillet 2015. En effet, la question de la mixité est aujourd’hui un enjeu majeur dans le monde de l’entreprise et révèle un problème devenu crucial : la nécessité de revoir les méthodes traditionnelles de management.

Thomas Benzazon, cofondateur de Widoobiz et animateur de cette conférence, recevait sur scène trois intervenants de renom : Nicole Etchegoïnberry, marraine de cette première édition des Trophées « Les Femmes de l’économie » Centre-Val de Loire et Présidente du directoire de la Caisse d’Epargne Loire-Centre, Patrick Banon, chercheur, écrivain, essayiste, spécialisé en sciences des religions et systèmes de pensée et auteur du livre Osons la mixité ! L’entreprise au féminin/masculin[1] et Catherine Coquillat, chargée de mission à l’Association Régionale pour l’Amélioration des Conditions de Travail (ARACT) Centre.

Le développement de la mixité dans les entreprises n’est pas une chose simple, nous a d’abord rappelé Patrick Banon. Effectivement, ce développement « ne relève pas d’une simple évolution, mais d’une véritable révolution » précise-t-il, car la mixité n’est pas une démarche naturelle et remet en cause de nombreux choix de société ancestraux. Ces choix, basés sur la différenciation (sociale, sexuelle ou religieuse), ont impacté la division du travail. Ils sont ainsi à l’origine de l’existence de rôles différenciés pour chacun des individus dans nos sociétés. La question se pose alors : la recherche de la mixité parfaite n’est-elle pas un vœu pieux ?

« Cela ne doit pas être une finalité majeure pour les entreprises ! » répond Nicole Etchegoïnberry précisant que la recherche d’une mixité parfaite amène souvent à opposer les femmes aux hommes, alors qu’ils sont au contraire complémentaires ! Le véritable enjeu sociétal selon elle, est de pousser les femmes à oser entreprendre, oser prétendre à des postes à responsabilité dans les entreprises, ou bien s’engager dans les filières réputées comme masculines, et ce, dès leur plus jeune âge. C’est l’éducation qui doit jouer un rôle primordial dans ce processus : « il faut apprendre aux jeunes filles les règles du jeu de l’entreprise, qui sont bien différentes de celles de l’école, et leur apprendre à « réseauter » comme le font leurs collègues masculins » a ajouté Nicole Etchegoïnberry.

Catherine Coquillat a finalement conclu que la mixité est encore très dépendante de la vision qu’ont les dirigeants de cette dernière. Il est nécessaire de savoir quelle valeur ajoutée la mixité peut apporter dans l’entreprise. Cependant, on remarque aujourd’hui que les individus mettent de plus en plus leurs différences en avant. Celles-ci sont devenues de véritables instruments d’existence et de reconnaissance dans la société et les entreprises sont amenées à suivre cette tendance. La mixité se doit donc de trouver pleinement sa voie ici !

[1] Retrouvez le livre de Patrick Banon, Osons la mixité ! L’entreprise au féminin/masculin aux Editions Prisma en cliquant ici.