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6 octobre 2014

ENTRETIEN AVEC ROGER SERRE, DIRECTEUR GÉNÉRAL DÉLÉGUÉ ET FONDATEUR DU GROUPE IGS, PARTENAIRE DES « FEMMES DE L’ECONOMIE »

Le Groupe IGS est un acteur incontournable de la formation en France. Depuis presque 40 ans, vous restez fidèle à vos valeurs fondatrices que sont l’humanisme, l’éthique et l’entreprenariat. C’est porteur de ces valeurs que vous participez à la réflexion actuelle sur la gouvernance en entreprise. Les femmes peuvent-elles participer à l’émergence de ces nouveaux modèles ? 

Poser la question, c’est bien entendu y répondre. Il est évident que le monde est en train de changer ; chacun le sait. Les nouveaux paradigmes sont là et ils s’imposent. La vague des femmes dans les entreprises, notamment au niveau des dirigeants, arrive. Dans la plus part de nos écoles, notamment dans les écoles du tertiaire et de management, moins dans les écoles d’ingénieur malheureusement, les femmes représentent déjà 60 % des effectifs et, très clairement, depuis une dizaine d’années, 92% des majors de promotions sont des femmes. Donc oui, bien sûr, les femmes ont un rôle quantitatif mais surtout qualitatif à jouer dans les années à venir.

Qu’est-ce qu’il faut changer pour vous en priorité ?

Le modèle. La gouvernance des entreprises est, depuis quelques années, asservie à la finance. On sait désormais que ça ne peut plus durer. C’est d’ailleurs déjà en train de changer. Les valeurs, dites « féminines » doivent et vont envahir les gouvernances des entreprises et celles des pays. C’est une évidence mais ce n’est pas si simple que cela. D’où la nécessité d’accompagner cette vague, d’y croire, mais aussi d’armer encore mieux les femmes pour les aider à prendre leur place et à prendre des risques, ce qu’elles n’osent pas toujours faire encore.

Libérée de la « tyrannie » de la finance, quel sera pour vous le nouveau visage de la gouvernance d’entreprise ?

Elle sera plus humaine et c’est pour cela que les femmes ont un rôle fondamental à jouer ; ce qu’elles commencent déjà à faire concrètement car elles sont désormais présentes et actives dans les Conseils d’Administration des grandes entreprises. On le sent, elles font bouger les lignes ! Voilà pourquoi d’ailleurs, nous proposons à nos étudiantes de découvrir le golf à la fin de leur cursus. Au moment où elles vont être diplômées, lorsqu’elles doivent centrer et affirmer leurs valeurs. Or, les valeurs du golf sont proches des valeurs de notre groupe. Mais… ces valeurs ne servent à rien si on ne les pratique pas, et la pratique c’est le réseau ; et le réseau, c’est notamment le golf. Voilà aussi pourquoi nous sommes partenaire du Trophée et de son réseau le Ladies Only !

Pourquoi cette notion de réseau vous paraît-elle particulièrement importante aujourd’hui ?

La notion de réseau est d’une grande modernité, certes, lorsque l’on parle des réseaux sociaux. Mais la notion de réseau n’est évidemment pas neuve. Les réseaux d’anciens élèves existent depuis longtemps. Cependant, la vague des réseaux sociaux n’a pas submergé ces réseaux anciens ; au contraire, elle en a révélé l’influence, la valeur, et l’a même renforcée, car ce sont des réseaux fondés sur les fondamentaux. On peut dire que l’on a 2000 amis sur FB… C’est beau, mais c’est tout ! On sait aussi que dans les réseaux incarnés, où l’on se voit, où l’on se parle, où l’on prend du temps pour partager, on a moins d’amis, mais c’est beaucoup plus efficace aussi ! Car on y joue l’utilité de la relation mais aussi l’affectif. Les réseaux sont là parce que l’on est souvent en manque d’affectif, de partage, d’échanges, et presque « d’amour ».

 Propos recueillis par Astrid Renoult pour le Trophée La Parisienne

Roger Serre, Directeur Général Délégué et Fondateur du groupe IGS

Roger Serre, Directeur Général Délégué et Fondateur du groupe IGS