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26 octobre 2016

Samuel Tual : un humaniste engagé à la tête du Groupe Actual

photo portrait de samuel-tual
  • Pouvez-vous nous retracer les grandes lignes de votre parcours ?

Tout juste diplômé en 1991, j’ai lancé une activité d’édition que j’ai développée pendant près de 10 ans. Une maison d’édition spécialisée dans l’orientation scolaire et l’insertion professionnelle des jeunes diplômés de grandes écoles.

A cette même période, mon père créait son entreprise de travail temporaire. En 1998, j’ai eu l’opportunité de lancer Call Interim, la première société de travail temporaire spécialisée dans les call centers. Notre mission était d’accompagner ces entreprises fraichement débarquées en France à recruter les conseillers clientèle, des métiers relativement nouveaux sur le marché.

J’ai donc créée cette affaire tout en continuant de gérer ma maison d’édition en parallèle. Par la suite, j’ai cédé partiellement cette dernière à un confrère et nous avons créé ensemble, un groupe d’édition, qui s’appelle aujourd’hui Studyrama.

J’ai choisi de m’éloigner du côté opérationnel de Studyrama pour me consacrer au développement de Call Interim. En 2001, je possédais 5 agences spécialisées dans le télémarketing implantées au sein de métropoles françaises.

Mon père avait quant à lui 10 agences généralistes situées en province. Nous avons eu l’idée cette année-là de se rapprocher et de créer le Groupe Actual, avec un projet consistant à développer en 10 ans un réseau national composé de 100 agences.

En 2011, défi relevé, nous avions 100 agences. A ce moment, mon père qui présidait l’entreprise a décidé de prendre du recul et de me transmettre les rennes de l’entreprise.

J’ai repris le Groupe et construit un nouveau projet baptisé Actual 2021, reposant sur une nouvelle phase de développement, une nouvelle promesse autour de l’innovation sociale.

  • Vous vous définissez comme un entrepreneur humaniste et engagé, pouvez-vous nous en dire plus ?

Au-delà du projet d’entreprise, j’ai beaucoup insisté sur le sens donné à nos missions. Je pense que celles-ci sont très utiles. Et parce que c’est utile, j’ai envie de servir un plus grand nombre de bassins d’emploi afin de contribuer à apporter des solutions pour lutter contre le chômage.

Je suis intimement convaincu que l’entreprise joue un rôle très important dans la société. C’est un lieu d’intégration, où un certain nombre de valeurs sont partagées, et surtout, c’est le lieu où l’on travaille.

J’ai un regard différent sur la société, par rapport à ce que l’on peut lire dans l’actualité, concernant le côté pénible du travail. Au contraire, je milite pour que le travail soit reconnu comme partie intégrante de l’homme. Sans travail, il est difficile d’imaginer une société et un avenir.

C’est par conviction du bien-fondé de cette démarche et de son utilité pour la société qu’il y a un sens particulier donné à toutes les actions que je mène. C’est un vrai engagement avec en plus une forte envie de faire bouger les lignes sur des sujets qui aujourd’hui sont bloqués. Il faut que l’on retrouve une envie d’audace, d’innovation, d’entreprendre, que l’on a perdu au fil du temps.

Cet engagement est lié quelque part à une forme d’humanité car finalement tout repose sur la place de l’homme dans la société, avec comme point de départ une réflexion sur le rôle du travail dans la vie de celui-ci.

  • Quel est votre vision de l’égalité homme/femme ?

Je n’ai pas une vision commune sur le sujet. Pour tout vous dire, je me méfie de cette notion d’égalité car je suis contre l’égalitarisme. Je trouve qu’il s’agit d’une forme de nivellement qui fait partie des fausses bonnes idées et qui entraînent des effets néfastes à la cause que l’on veut servir au départ.

Je suis plus pour des notions d’équité car fondamentalement, je pense que les hommes et les femmes sont différents et complémentaires. Cette différence est justement nécessaire et cette complémentarité a du sens.

Par contre, je constate avec regret la place donnée aux femmes dans les organisations aujourd’hui, injustement faible. Les chefs d’entreprise ont des efforts considérables à faire dans ce domaine. Tous ceux qui ont intégré dans leur équipe des femmes compétentes, avec des projets professionnels, ont pu mesurer les bienfaits pour leur organisation, à tout niveau hiérarchique.

Je suis en revanche peu favorable aux contraintes, aux quotas, même si je reconnais que parfois le fait de contraindre permet d’avancer plus vite sur certains sujets. Il est dommage de choisir une femme pour intégrer un comité de Direction uniquement parce que c’est une femme.

  • Comment expliquez-vous votre engagement aux côtés des Trophées des Femmes de l’économie ?

Je trouve la démarche formidable. Il faut encourager celles qui s’engagent et osent se mettre en avant.

Je pense que c’est courageux et très utile car le témoignage de ces femmes contribue à inciter celles qui hésiteraient à entreprendre, à prendre des responsabilités au sein d’une entreprise.

Voir d’autres femmes qui le font et réussissent peut faire envie et ainsi créer des vocations. Je trouve que l’on s’inscrit bien dans cette démarche de modèle qui m’est chère.

Cela met aussi indirectement en valeur les entreprises dans lesquelles elles évoluent, qui ont fait le pari de miser sur les compétences de ces femmes.