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18 novembre 2019

« Une bonne qualité de vie au travail passe par la liberté et la flexibilité »

1ère mutuelle santé de France et partenaire historique des Femmes de l’économie, Harmonie Mutuelle se positionne en tant qu’acteur global de la santé et sensibilise la population active sur le bien-être au travail. C’est d’ailleurs le thème qui a été abordé lors des Masterclass Harmonie Mutuelle organisées tout au long de l’année lors des événements régionaux des Femmes de l’économie.

Nous avons souhaité approfondir le sujet avec Virginie Malnoy, Directrice région Centre, Ile et Hauts-de-France chez Harmonie Mutuelle. Interview.

Virginie Malnoy
Le bien-être au travail est une préoccupation relativement récentes pour les entreprises. Comment celui-ci a-t-il progressé ces dernières années ?

Ces dernières années, les problématiques de santé et de qualité de vie des collaborateurs sont devenues un enjeu central dans l’entreprise.

Dans un contexte économique plus tendu et plus exigeant, les décideurs d’entreprise sont aujourd’hui plus que jamais convaincus qu’ils doivent pouvoir compter sur des collaborateurs au meilleur de leur forme physique et psychologique.

Des collaborateurs, à commencer par les nouvelles générations, eux-mêmes plus exigeants envers leur entreprise en matière de protection santé et de conditions de travail. Réduction de l’absentéisme, motivation et fidélisation des salariés, argument de recrutement, amélioration de l’engagement et de la productivité…

Investir dans le capital santé des salariés s’impose aujourd’hui comme un formidable levier de performance sociale, qui va contribuer également à la performance globale de l’entreprise.

Quels sont les véritables piliers du bien-être au travail ?

La complémentaire santé est, bien entendu, en première ligne. Cela paraît tout simple, mais permettre à des collaborateurs et à leur famille de ne pas renoncer à des soins pour des questions de budget est une formidable avancée.

Les entreprises disposent de bien d’autres leviers pour passer du statut de « financeur » à celui d’acteur de la santé, comme la prévention des risques professionnels, en particulier les TMS (Troubles-Musculo Squelettiques) et les risques routiers.

Sans s’immiscer dans la sphère privée, l’entreprise a aussi tout à gagner à aider ses collaborateurs à devenir acteurs de leur santé sur des thématiques comme l’alimentation, le sommeil, l’activité physique, le tabac…Autant de facteurs qui jouent sur la santé physique et mentale, en particulier sur le stress.

Les activités extraprofessionnelles (sports et loisirs, plus de trois heures par semaine), les congés et la durée du sommeil (à partir de sept heures) favorisent par ailleurs la productivité et la prise de décision.

Et à la croisée des sphères professionnelles et personnelles, le sport en entreprise a fait ses preuves en matière de motivation, de cohésion et de productivité accrue.

Le troisième axe de travail est aux frontières de la santé et de la qualité de vie : il concerne la conciliation vie professionnelle et vie privée.

Selon l’observatoire « Entreprise et santé » Harmonie mutuelle, Soregor-Viavoice 2019, 69% des salariés considèrent ainsi que l’écoute et la prise en compte des contraintes personnelles au sein de l’entreprise contribuent à leur santé et à leur bien-être. Une bonne qualité de vie au travail passe par la liberté, par la flexibilité comme avec le travail nomade, le télétravail, l’autonomie dans les plannings.

Faut-il percevoir les nouvelles technologies comme des alliées ou des ennemies du bien-être au travail ?

Cette question, nous nous la sommes posés quand nous avons réalisé les vagues 6 et 7 de notre observatoire entreprise et santé avec ViaVoice.

Dans la vague 6, 61% des salariés et 69% des dirigeants déclarent que les nouvelles technologies ont accéléré le rythme de travail. D’un autre côté, 58% des salariés, 80% des dirigeants et 66% des travailleurs indépendants estiment que les technologies ont facilité leur travail au quotidien. Donc ni l’un ni l’autre.

Il faut tout simplement savoir utiliser les nouvelles technologies intelligemment, et en tirer le meilleur. Nous avons par exemple mis en œuvre un accord de télétravail au sein de l’entreprise.

Le télétravail est reconnu comme bénéfique pour la conciliation Vie Professionnelle Vie Personnelle, ne serait-ce que par son effet sur les temps de trajet, qui sont des facteurs de stress. Et pour mettre en place le télétravail, nous avons besoin des nouvelles technologies, ce sont nos alliées.

En revanche, on connaît tous les effets de l’hyperconnexion, le fait d’être joignable en permanence, y-compris sur son temps personnel, la possibilité de se connecter de chez soi…Là, pour ne pas avoir le côté négatif des nouvelles technologies, il faut prendre des mesures de prévention. C’est le droit à la déconnexion que nous avons intégré à notre accord sur le télétravail. Nous y rappelons que le numérique doit être un facteur de bien-être au travail, de transparence et de compétitivité.

Et pour rendre ce droit effectif en pratique, nous avons mis en place une démarche globale déclinée autour de 3 axes (comprendre, outiller, réguler) et de différents dispositifs tels que des ateliers participatifs, des actions de prévention des risques, ou encore une charte sur le bon usage des mails. En novembre et décembre, nous proposons par exemple des ateliers « Digital Detox » pour nos collaborateurs sur plusieurs sites.

Le bien-être passe-t-il aussi par l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes ? Comment améliorer la situation ?

Cela me paraît évident, l’égalité améliore le climat professionnel. Le partage d’expériences, l’échange, la sensation d’évoluer dans un environnement ouvert sont les vecteurs d’une meilleure satisfaction globale et de plus grande cohésion dans les équipes.

Comment améliorer ? Il n’y a pas de solution miracle, c’est un travail de longue haleine et des choix forts. Chez Harmonie Mutuelle, nous avons mis en œuvre un accord d’égalité professionnelle (2015-2020) et dégagé, pour ces cinq ans, un budget de 250.000 euros consacré à la réduction des inégalités salariales. Nous travaillons également sur une meilleure mixité interne, notamment par l’amélioration de 10% des taux de répartition femmes / hommes.

Nous nous engageons également à encourager et accompagner la féminisation des fonctions d’encadrement à travers la création de parcours de formation personnalisés et d’un accompagnement spécifique à la prise de poste. Enfin nous mettons en œuvre un certain nombre de mesure pour permettre à chacun de concilier au mieux activité professionnelle et vie personnelle.

Par exemple, en proposant une prise en charge des frais de garde pour des réunions très tardives ou des déplacements, un service en ligne d’aide aux devoirs gratuit, et, sur le sujet des aidants, la possibilité aux salariés de donner leurs jours de repos à un collègue dont l’enfant, le conjoint ou l’ascendant est gravement malade.

Tous ces dispositifs sont pilotés par la mission Égalité des chances et diversité, avec des référents partout en France. Et cela porte ses fruits ! Depuis le 1er mars 2019, les entreprises ont l’obligation de publier leur performance en matière de parité salariale, au regard de cinq critères. Plus les entreprises sont égalitaires plus elles obtiennent de points. Or nous avons un index de 92/100.

Les femmes sont-elles davantage concernées par les mesures prises par les entreprises pour favoriser le bien-être au travail ?

On sait que l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée est un enjeu majeur en matière de qualité de vie au travail, aujourd’hui 97 % des salariés français en sont d’ailleurs convaincus (Baromètre Viavoice-Observatoire de la parentalité), et que cet enjeu concerne une majorité de femmes.

Par exemple, dans une enquête du ministère du travail publiée fin septembre 2019 et intitulée « Conditions de travail et risques psychosociaux », on apprend que à caractéristiques identiques (personnelles, professionnelles, conditions de travail, etc.), les femmes ont une probabilité de recevoir des reproches de leur entourage environ 20 % plus élevée que les hommes.

Un phénomène directement lié à la persistance de stéréotypes, à l’idée que les hommes sont plus légitimes à s’investir au travail et que les femmes sont supposées s’occuper de la maison et des enfants.

Et parfois d’un proche ! Car sur le sujet des aidants, qui touche directement à la conciliation Vie professionnelle/Vie personnelle, on sait que parmi les onze millions de Français qui doivent accompagner un proche en situation de dépendance, il y a une majorité de femmes, 58% selon le baromètre 2017 publié par la Fondation April et BVA.

Donc en effet, les mesures prises par l’entreprise doivent s’adresser à tous les salariés, hommes et femmes, jeunes et plus âgés, mais dans les faits, elles concernent plutôt les femmes.