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20 septembre 2016

Christine Fabresse : « Osez l’échec ! Votre plus gros risque sera de réussir »

Présidente du Directoire de la Caisse d’Epargne Languedoc-Roussillon, Christine Fabresse est la toute première marraine des Trophées « Les Femmes de l’économie » édition Languedoc-Roussillon. Entretien avec cette femme audacieuse au parcours brillant.

Photo portrait Chrstine Fabresse Présidente directoire Caisse d'Epargne
  • En quelques mots, quelles sont les grandes étapes de votre vie professionnelle ?

Je suis banquière depuis presque 30 ans. Après des études à la Business School de Montpellier, j’ai débuté ma carrière au Crédit Lyonnais à Avignon.

Mon parcours professionnel est marqué par 3 principales caractéristiques.
Tout d’abord, je suis une femme de business. J’ai exercé tous les métiers de la banque : de la gestion de clientèle Entreprises au cash-management international, en passant par la direction de centres d’affaires entreprises. J’ai également eu une carrière de Directeur régional en région parisienne sur des marchés de particuliers et de professionnels. Cette expérience m’a donné un sens du client et de la performance qui ne m’a plus jamais quitté.

Je suis aussi une femme de RH. Au moment où le Crédit Agricole a racheté le Crédit Lyonnais, j’ai contribué à la structuration des Ressources Humaines du Groupe en prenant la responsabilité d’une direction centrale chargée de définir et coordonner les politiques RH groupe, tant de recrutement que de rémunération, gestion, ou encore communication.

J’ai également contribué à négocier les accords cadre de mobilité liés à la gestion des synergies mises en œuvre suite au rachat du Crédit Lyonnais par le Crédit Agricole. J’ai gardé de cette expérience un sens aigu de la négociation et du management des ressources humaines au sein d’une entreprise.

Enfin, depuis une quinzaine d’années, au-delà de mes fonctions opérationnelles,  j’assume des responsabilités de Dirigeante dans différents établissements. Au Crédit Agricole, chez LCL puis au sein du Groupe BPCE et depuis 3 ans, je suis Présidente du directoire de la Caisse d’Epargne Languedoc-Roussillon. Ces responsabilités m’ont donné la capacité à définir et mettre en place des stratégies gagnantes et à travailler sur des chantiers transverses complexes.

  • Quels traits de caractère vous semblent indispensables pour être à la présidence d’un grand groupe ? Quel conseil donneriez-vous aux femmes désirant accéder aux postes à haute responsabilité ?

Diriger une belle entreprise régionale demande bien sûr beaucoup d’énergie et un engagement de chaque instant. Il faut également avoir le goût, la motivation et l’envie de prendre des responsabilités, de s’impliquer dans la définition des orientations stratégiques de son entreprise. Je pense aussi que l’on doit avoir la capacité de développer une vision, de la partager et la transformer en actions opérationnelles. Pour cela, le courage et le leadership sont fondamentaux. Enfin, il faut une grosse capacité de résilience et de gestion du stress. Mais on n’est jamais seule pour cela. J’ai, en grande proximité un directoire avec qui je partage beaucoup, et bien sûr le professionnalisme des équipes de la Caisse d’Epargne Languedoc-Roussillon qui sont les acteurs au quotidien de cette stratégie face aux clients.

  • En tant que vice-présidente des « ELLES de BPCE », quelles actions menez-vous dans cette association ? Faites-vous partie d’autres réseaux féminins ?

Quand nous avons créé le réseau, notre volonté a d’abord été de partager avec les RH une ambition chiffrée pour faire bouger les lignes et parvenir à féminiser l’encadrement et le management des différentes entreprises du Groupe.

38 réseaux, répartis dans les principales entités du Groupe BPCE, ont été créés ces dernières années afin d’accompagner les femmes, les aider à oser, à développer leur capacité à reseauter, à s’entraider ou encore  se faire connaître. L’objectif est de montrer à toutes les femmes qu’il est à la fois possible de construire une carrière au féminin tout en se réalisant dans sa vie familiale.

Avec les Elles de BPCE, nous menons également des actions de mentoring dans lesquelles, nous, dirigeantes, accompagnons des femmes de l’entreprise. Nous les aidons à se projeter et se poser les bonnes questions pour réaliser leurs ambitions.

Les femmes ont également besoin de se sentir utiles, utiles pour la société. Nous avons ainsi très vite signé au niveau du Groupe et au sein de la Caisse d’Epargne Languedoc Roussillonun partenariat avec l’association « Nos quartiers ont du talent », qui aide des jeunes diplômés issus d’un milieu social défavorisé. Notre rôle consiste à les accompagner dans leur recherche d’emploi, les conseiller et les préparer pour leurs entretiens d’embauche. Au sein des Audacielles, le réseau des femmes managers de la Caisse d’Epargne Languedoc Roussillon, nous comptons aujourd’hui 18 marraines, qui se sont portées volontaires auprès de l’association pour accompagner des jeunes diplômés dans leurs démarches.

  • C’est grâce à votre volontarisme que nous ouvrons aujourd’hui la 1ère édition des Trophées des « Femmes de l’économie » en région Languedoc-Roussillon. Qu’est-ce qui a motivé un tel engagement ?

En tant que banque régionale, nous observons chaque jour des entrepreneurs, hommes ou femmes, remarquables sur notre territoire. Leur réussite est exemplaire, tout comme leur engagement tant à titre professionnel que personnel.

Et comme je suis une femme, au travers des Trophées les « Femmes de l’économie », je trouvais légitime de mettre en lumière les entrepreneures au féminin de notre région qui donnent sans compter pour réussir.

  • En tant que marraine de cette édition Languedoc-Roussillon, vous êtes une figure d’exemplarité et d’encouragement pour nos candidates, quel message souhaiteriez-vous leur transmettre ?

Un message de très grande fierté. Je suis vraiment fière de pouvoir valoriser ces femmes qui nous donnent, elles aussi, de beaux exemples de réussite.

Je crois beaucoup à cette valeur d’exemple. On se doit de montrer à toutes les jeunes femmes du territoire qu’il y a des voies possibles de réussite au féminin. Il faut leur donner le goût de l’entrepreneuriat, je pense que notre pays a besoin de cela.

Je n’ai pas de leçons à donner à toutes ces femmes remarquables, mais j’ai à leur dire : merci et bravo ! Et aux plus jeunes je souhaite leur dire : regardez, c’est possible !